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Conformité

Conformité RGPD et CNIL de votre vidéosurveillance

Une installation non conforme ne se voit pas. Elle se découvre le jour d'un contrôle, d'un contentieux prud'homal ou d'une plainte — et c'est presque toujours à ce moment que l'on apprend que les images ne sont pas opposables. La conformité se traite au moment de l'étude, pas après.

Illustration d’un entrepôt avec caméras et visualisation d’analyse vidéo
La vidéo au service de l’exploitationIllustration IA

En bref

  • Distinction lieu ouvert au public / lieu non ouvert au public, et ce qui en découle
  • Autorisation préfectorale : formulaire CERFA 13806, pièces, délais
  • Information individuelle des salariés et consultation préalable du CSE
  • Panneaux et mentions obligatoires, modèles fournis avec l'installation
  • Registre des traitements, analyse d'impact, matrice d'habilitations tracée
  • Droit d'accès aux images, réquisitions judiciaires, sanctions constatées
Deux régimes juridiques

La première question à trancher, avant toute autre

Tout découle de ce que filme chaque caméra. Une même installation relève très souvent des deux régimes à la fois, et les confondre est la source d'erreur numéro un.

Grille que nous remplissons caméra par caméra dans chacune de nos études.
Lieu ouvert au publicLieu non ouvert au public
ExemplesHall d'accueil, surface de vente, parking accessible à tous, abords sur voie publiqueBureaux, atelier, entrepôt, réserve, local technique, parking réservé au personnel
Texte applicableCode de la sécurité intérieure et RGPDRGPD seul
Formalité préalableAutorisation préfectorale obligatoire avant mise en service (CERFA 13806)Aucune autorisation, mais toutes les obligations RGPD s'appliquent
Durée de validitéCinq ans, renouvelable, portant sur un nombre de caméras précisSans limite, mais le traitement doit être réexaminé périodiquement
Ajout d'une caméraModification de l'autorisation nécessaireMise à jour du registre et information des personnes
InformationPanneaux visibles à chaque entrée de zone couverteInformation individuelle des salariés et consultation du CSE

↔ Faites défiler le tableau pour consulter toutes les colonnes.

Le piège le plus fréquent : considérer qu'une entreprise entière relève d'un seul régime. Une boutique avec réserve, un établissement de santé ou une usine avec accueil visiteurs combinent nécessairement les deux. Le dossier doit indiquer, pour chaque caméra, de quel régime elle relève — c'est la première chose que vérifie un contrôleur.

Comprendre la chaîne technique
ObserverCaméras et scène à couvrir
QualifierAnalyse des événements
VérifierImages et levée de doute
ExploiterAlertes et recherche
Schéma de principe. L’architecture et les fonctions sont à adapter aux contraintes de chaque projet.
Procédure

Ce que vous devez avoir fait, et dans quel ordre

Définir la finalité, caméra par caméra

« Sécurité » ne suffit pas. Il faut écrire ce que chaque point protège : prévention des atteintes aux biens sur le quai de livraison, protection des agents d'accueil, contrôle des accès nocturnes. Une caméra sans finalité écrite est une caméra qu'il faudra déposer, et cette exigence limite mécaniquement la tentation d'en poser trop.

Consulter le CSE et informer les salariés

La consultation du comité social et économique est préalable à l'installation, et son avis doit figurer au procès-verbal. Chaque salarié reçoit ensuite une information individuelle écrite. Ce point est régulièrement décisif devant le conseil de prud'hommes : une image obtenue sans information préalable est très difficilement opposable au salarié.

Déposer le dossier d'autorisation préfectorale

Pour les zones ouvertes au public, le formulaire CERFA 13806 s'accompagne d'un plan de masse, d'un plan de détail avec le champ de chaque caméra, des mentions d'information et de la description des modalités d'exploitation. Comptez de deux à quatre mois d'instruction selon les départements : c'est cette durée qui doit cadencer le planning des travaux.

Poser les panneaux et rédiger les mentions

Un panneau à chaque entrée de zone couverte, lisible, mentionnant le responsable de traitement, la finalité, la durée de conservation, l'existence d'un droit d'accès et le contact du délégué à la protection des données lorsqu'il en existe un. Ces mentions sont fournies avec nos installations, en français et traduites si le site le nécessite.

Inscrire au registre et réaliser l'AIPD si nécessaire

Le traitement figure au registre avec sa finalité, sa base légale, les catégories de personnes concernées, les destinataires et la durée. Une analyse d'impact devient obligatoire dans plusieurs cas fréquents : surveillance systématique à grande échelle d'une zone accessible au public, traitement portant sur des personnes vulnérables, ou combinaison de la vidéo avec un autre traitement comme le contrôle d'accès.

Organiser les habilitations et la traçabilité

Liste nominative des personnes autorisées, droits différenciés entre le direct et la relecture d'archive, journalisation de chaque consultation et de chaque export, procédure de retrait des droits au départ d'un collaborateur. C'est cette partie qui manque dans la quasi-totalité des installations que nous auditons.

Points de vigilance

Les quatre interdits qui reviennent dans tous les contrôles

La surveillance permanente d'un poste de travail

Une caméra cadrée en continu sur un salarié identifiable pendant son activité est disproportionnée, même dans un magasin ou à une caisse. La caméra doit viser la zone à protéger — le plan de caisse, la porte, le stock — et non la personne qui y travaille. C'est le motif de mise en demeure le plus fréquent.

Les locaux sociaux et syndicaux

Salles de pause, vestiaires, sanitaires, locaux réservés aux représentants du personnel : aucune caméra, quelle que soit la finalité invoquée. Aucune exception n'est admise, et ce point est vérifié systématiquement lors d'un contrôle.

Le champ qui déborde sur la voie publique

Une caméra privée ne peut filmer la voie publique ni la propriété voisine, hors autorisation spécifique. La correction est simple : masquage numérique irréversible dans la caméra, avec capture de contrôle au procès-verbal de recette.

La conservation sans durée définie

Conserver un mois parce que le disque le permet n'est pas une justification. La durée doit être motivée par votre analyse de risque, paramétrée dans le système et purgée automatiquement. Quinze à trente jours couvrent la très grande majorité des besoins réels.

Ce que risque concrètement une installation non conforme

La CNIL dispose de plusieurs leviers gradués : mise en demeure de se mettre en conformité dans un délai donné, injonction sous astreinte, amende administrative pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial pour les manquements les plus graves, et publication de la décision. Les sanctions effectivement prononcées en matière de vidéosurveillance de salariés se comptent le plus souvent en dizaines de milliers d'euros pour des PME — ce qui reste très supérieur au coût d'une mise en conformité réalisée dès l'étude.

Le second risque, moins spectaculaire mais plus fréquent, est l'inopposabilité. Une image obtenue par un dispositif non déclaré, non porté à la connaissance du salarié ou installé sans consultation du CSE peut être écartée des débats devant le conseil de prud'hommes. L'entreprise a alors payé son installation et se retrouve sans moyen de preuve au moment précis où elle en avait besoin.

Droit d'accès et réquisitions

Toute personne filmée peut demander à accéder aux images la concernant. Vous devez répondre dans un délai d'un mois, en préservant les droits des tiers apparaissant sur la séquence — ce qui impose en pratique de flouter les autres personnes. Si la durée de conservation est écoulée, vous répondez simplement que les images n'existent plus, et cette réponse est parfaitement recevable.

Les réquisitions judiciaires suivent un autre chemin : elles sont écrites, émanent d'un officier de police judiciaire ou d'un magistrat, et doivent être consignées dans un registre indiquant la date, l'auteur, le périmètre demandé et l'agent ayant procédé à l'extraction. Nous formons vos équipes à cette procédure lors de la recette, et nous fournissons le registre type. Les mêmes règles s'appliquent quelle que soit l'architecture retenue, y compris avec un enregistrement cloud, où il faut vérifier en plus qui, chez l'hébergeur, peut techniquement accéder aux flux. Le vocabulaire employé dans ces échanges est explicité dans notre glossaire.

FAQ

Questions fréquentes

Faut-il déclarer sa vidéosurveillance à la CNIL ?

Non, la déclaration à la CNIL a disparu avec l'entrée en application du RGPD en 2018. Elle a été remplacée par une obligation de documentation interne : inscription au registre des traitements, information des personnes, définition d'une durée de conservation et, dans certains cas, réalisation d'une analyse d'impact. Attention à ne pas confondre : pour les caméras filmant un lieu ouvert au public, une autorisation préfectorale préalable reste bel et bien obligatoire, et celle-là n'a pas été supprimée.

Comment remplir le CERFA 13806 pour une autorisation préfectorale ?

Le formulaire demande l'identité du responsable, le nombre de caméras par zone, la finalité invoquée, la durée de conservation et les modalités d'accès aux images. Il doit être accompagné d'un plan de masse, d'un plan de détail montrant le champ de chaque caméra et du modèle de panneau d'information. C'est la précision de ces pièces qui évite un retour pour complément et fait gagner un trimestre. Nous produisons ce dossier technique avec chaque installation concernée et suivons l'instruction avec vous.

Un salarié peut-il demander à voir les images qui le concernent ?

Oui, c'est un droit d'accès prévu par le RGPD. Vous disposez d'un mois pour répondre. Vous devez lui donner accès aux séquences où il apparaît, tout en protégeant les tiers visibles à l'image, ce qui impose généralement un floutage. Si la durée de conservation est écoulée, vous répondez que les images n'existent plus : cette réponse est recevable, à condition que la purge soit réellement automatique. Refuser sans motif ou ne pas répondre expose à une plainte fondée.

Quelle durée de conservation choisir pour ses enregistrements ?

Quinze à trente jours répondent à la quasi-totalité des situations, et la CNIL considère qu'un mois constitue un maximum raisonnable dans la plupart des cas. La bonne méthode consiste à partir du délai réel entre un incident et son signalement dans votre activité, puis à dimensionner le stockage sur cette durée. Certains secteurs réglementés, comme les établissements de jeux, appliquent des durées plus longues imposées par leur propre réglementation. La durée retenue doit être écrite, justifiée et paramétrée.

Peut-on filmer un salarié en permanence s'il manipule de l'argent ?

Non. La manipulation de valeurs justifie de filmer la zone — le plan de caisse, le coffre, le guichet — mais pas de cadrer en continu la personne qui y travaille. La différence est concrète : la caméra regarde le plan de travail et le client, pas le visage de l'opérateur pendant huit heures. Ce manquement est l'un des plus sanctionnés par la CNIL, et il se corrige presque toujours par un simple recadrage réalisé lors d'un audit, sans changer le matériel.

Parlons de votre site, pas d'un catalogue

Une visite sur place, un relevé de l'existant, une étude chiffrée et un calendrier réaliste. C'est gratuit, et vous repartez avec un document exploitable même si vous ne travaillez pas avec nous.

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