Logistique

Vidéosurveillance d'entrepôt : prouver ce qui entre et ce qui sort

Dans un entrepôt, la question n'est presque jamais « qui est entré cette nuit ? » mais « ce colis a-t-il été chargé, et dans quel camion ? ». Une installation logistique se juge donc à sa capacité à relier une image à une ligne de bon de livraison.

En bref

  • Couverture quai par quai, du sol au plafond de la remorque, sans contre-jour
  • Association automatique de la séquence au numéro de colis ou d'expédition
  • Lecture de plaques à l'entrée de plateforme et gestion des chauffeurs
  • Implantation calculée pour 12 m sous plafond et allées entre racks
  • Détection de vol interne et de dépose en zone morte
  • Plateformes de l'Aube, de la Marne, de Seine-et-Marne et du Val-d'Oise
Le coût invisible

Le litige transport coûte plus cher que le vol

Pour la plupart des plateformes que nous équipons, les intrusions nocturnes représentent quelques incidents par an. Les litiges d'expédition, eux, se comptent en dizaines par mois : un colis annoncé chargé qui n'arrive pas, une palette réputée complète, un emballage abîmé dont personne ne sait s'il l'était au départ ou à l'arrivée.

Sans image, l'arbitrage se règle au commercial : on avoise, on recrédite, on perd. Avec une image datée et rattachée à l'expédition, la discussion dure trois minutes. C'est cette bascule qui justifie l'investissement, bien avant la fonction anti-intrusion — laquelle vient de surcroît.

L'implantation en découle directement. On ne couvre pas un entrepôt ; on couvre une chaîne : réception, contrôle, mise en stock, prélèvement, emballage, contrôle départ, chargement. Chaque maillon doit produire une image exploitable, et chaque image doit porter un identifiant permettant de la retrouver.

Entrée plateforme
Quais & chargement
Allées & racks
Expédition
Chaîne de preuve

Comment on rattache une image à un colis

C'est le cœur du dispositif, et c'est ce qui distingue une installation logistique d'une installation de bureaux avec davantage de caméras.

Le scan devient un marqueur temporel

Chaque lecture de code-barres au poste de contrôle départ génère un événement horodaté. Cet événement est envoyé au système vidéo, qui l'attache à la seconde correspondante sur la caméra du poste. Le lien se fait par interface applicative avec votre WMS, ou à défaut par un simple flux texte sur port série ou réseau.

La séquence est indexée, pas seulement enregistrée

Dans l'outil de recherche, vous saisissez un numéro de colis ou de commande. Le système affiche directement les dix secondes de vidéo qui encadrent le scan : on voit l'étiquette, le colis, l'opérateur et la destination. Plus besoin de connaître l'heure de l'événement.

Le chargement est filmé en continu, quai par quai

Une caméra en plongée sur le seuil du quai enregistre ce qui franchit le sas, une seconde placée à l'intérieur du sas documente l'empilage dans la remorque. Ces deux vues suffisent à démontrer ce qui est monté dans quel camion, et dans quel état.

Le camion est identifié, pas décrit

La caméra de lecture de plaques à l'entrée de plateforme enregistre l'immatriculation, l'heure d'arrivée et l'heure de sortie. Rapprochée du quai attribué, elle ferme la chaîne : colis, quai, camion, horaire.

L'export est remis au transporteur

Extraction horodatée dans un format lisible sans logiciel propriétaire, accompagnée d'un rapport d'extraction. C'est ce document qui clôt le litige, et il doit pouvoir être produit par un chef d'équipe, pas seulement par un administrateur.

Implantation

Les difficultés physiques propres à l'entrepôt

Ces cinq points expliquent la majorité des installations d'entrepôt décevantes que nous reprenons.
DifficultéConséquence sur l'imageRéponse technique
Hauteur sous plafond de 10 à 14 mUne caméra en charpente ne voit que des crânes et des épaules : aucune identificationCaméras de visage descendues à 3 m sur poteau ou en bout de rack, vue d'ensemble laissée en hauteur
Allées de racks ferméesUne caméra par allée, sinon la marchandise masque tout, ce qui fait exploser le nombre de pointsCouverture des têtes d'allée et des accès, caméra en allée seulement sur les références sensibles
Contre-jour permanent des portes de quaiSilhouette noire sur fond blanc dès que la porte est ouverteCapteur à large plage dynamique, cadrage vers l'intérieur, exposition verrouillée sur la zone utile
Modification du plan de stockageUne caméra bien placée en janvier filme un rack plein en juinFixations déplaçables, réserve de câblage, revue d'implantation annuelle incluse au contrat
Éclairage asservi à la détection de présenceLes allées restent noires tant que personne ne circule, donc l'image nocturne est inutilisableCaméras à très basse luminosité ou infrarouge intégré, indépendantes de l'éclairage du bâtiment
Sûreté opérationnelle

Vol interne, accès chauffeurs et zones mortes

La zone morte, principal facteur de perte

Le vol interne en entrepôt ne se produit presque jamais devant une caméra : il se produit là où l'on sait qu'il n'y en a pas. Poubelles, local ménage, zone de casse, arrière d'un rack, vestiaire attenant au quai. Notre relevé commence par cartographier ces angles morts avec votre chef d'équipe.

Le chauffeur n'a rien à faire dans l'entrepôt

Un sas chauffeur avec interphone, une salle d'attente dédiée et un circuit balisé réduisent mécaniquement le risque. La vidéo documente le respect de ce circuit, et le contrôle d'accès l'impose.

En savoir plus

La détection de dépose

Une règle d'analyse détecte qu'un objet a été posé et laissé dans une zone où rien ne doit stationner : bas de quai, abord d'une issue de secours, périphérie de benne. C'est le mode opératoire le plus courant de la sortie différée.

Le périmètre extérieur et la cour

Parc à remorques, stationnement des poids lourds, réserve de palettes : ces surfaces représentent souvent plus de valeur que l'intérieur, et elles sont accessibles la nuit. Détection thermique et éclairage à déclenchement y sont plus efficaces qu'une clôture supplémentaire.

En savoir plus

Un mot sur le réseau, qui conditionne tout le reste. Une plateforme de 20 000 m² équipée de 60 caméras produit un flux agrégé de l'ordre de 300 à 500 Mbit/s en pointe. Ce trafic ne doit pas emprunter le même chemin que les terminaux radiofréquence des caristes, dont la disponibilité conditionne la productivité. Nous posons donc un réseau vidéo distinct, en fibre optique entre les locaux techniques compte tenu des distances, et nous dimensionnons le Wi-Fi industriel indépendamment. Sur les plateformes de Seine-et-Marne et du Val-d'Oise que nous reprenons, c'est presque toujours le premier écart constaté sur l'existant.

FAQ

Questions fréquentes

Combien de caméras faut-il pour un entrepôt de 10 000 m² ?

Entre 25 et 60 selon l'activité, sans que la surface soit le critère déterminant. Un entrepôt de stockage de masse avec peu de mouvements demande beaucoup moins de points qu'une plateforme de préparation de commandes disposant de quinze quais et d'une zone d'emballage. Le décompte se construit à partir du nombre de quais, du nombre de postes de contrôle départ, des accès piétons et de la longueur de cour extérieure. Nous partons du plan de masse et de votre flux type pour établir le chiffre exact.

Peut-on relier la vidéo au WMS pour retrouver un colis ?

Oui, c'est même l'usage qui rentabilise le plus vite l'installation. Le principe consiste à envoyer au système vidéo un événement horodaté à chaque scan de contrôle départ, contenant le numéro de colis ou d'expédition. La recherche se fait ensuite par ce numéro et affiche directement la séquence correspondante. L'intégration passe par interface applicative quand le WMS en propose une, ou par un flux texte simple sinon. Nous validons la faisabilité avant de l'inscrire au devis.

À quelle hauteur poser les caméras dans un entrepôt ?

Deux hauteurs, pas une. Les vues d'ensemble se posent en charpente, entre 8 et 12 m, pour suivre les déplacements et documenter un incident. Les caméras destinées à identifier une personne se posent entre 2,50 et 3,50 m, sur un poteau, un bout de rack ou un mur, et regardent horizontalement. Une caméra unique placée à 10 m ne donnera jamais une image d'identification : elle filme le dessus des têtes, ce qui ne prouve rien devant un tiers.

La lecture de plaques fonctionne-t-elle sur un poids lourd ?

Oui, et généralement mieux que sur un véhicule léger, parce que la plaque est plus grande et mieux dégagée. Les conditions restent les mêmes : caméra dédiée, angle d'incidence inférieur à 30 degrés par rapport à l'axe de circulation, éclairage infrarouge propre et vitesse de passage maîtrisée par un ralentisseur ou une barrière. Sur une entrée de plateforme correctement aménagée, un taux de lecture supérieur à 95 % est réaliste, plaques étrangères comprises.

Que dit la loi sur la vidéo dans un entrepôt ?

Un entrepôt n'est pas un lieu ouvert au public : le RGPD s'applique seul, sans autorisation préfectorale, sauf si une caméra filme la voie publique aux abords. Vous devez informer chaque salarié, consulter le comité social et économique, inscrire le traitement au registre et limiter la durée de conservation. Les intérimaires et les salariés des prestataires doivent être informés au même titre. Le point de vigilance récurrent concerne les postes d'emballage, qu'il ne faut pas cadrer en surveillance permanente d'un opérateur.

Parlons de votre site, pas d'un catalogue

Une visite sur place, un relevé de l'existant, une étude chiffrée et un calendrier réaliste. C'est gratuit, et vous repartez avec un document exploitable même si vous ne travaillez pas avec nous.